22 février 2016

La Petite Fille aux yeux d'or - Chapitre 2 #3

Prologue & table des matières : CLIC

 

Fourrant le cadeau dans sa poche et engloutissant en quelques bouchées les brochettes de gibier mariné qu’il avait achetées – une spécialité du pays, assez épicée pour réchauffer même par des températures glaciales –, le voyageur reprit son chemin vers le château et ne s’arrêta que devant la grille de l’entrée. Il patienta quelques minutes avant qu’un garde s’extraie de la casemate où les soldats de service pouvaient se réchauffer entre leurs rondes.
– Bien le bonjour, Monsieur. Vous désirez entrer au château ?
– Bien le bonjour à vous aussi. En effet, je viens voir Loriel de Clairétoile.
– Le général de Clairétoile ? Qui dois-je annoncer ?
– Dites-lui simplement que c’est son vieil oncle, cela devrait suffire, déclara l’homme, une étincelle amusée dans les yeux.
– Très bien. Si vous êtes de la famille du général de Clairétoile, je ne vais pas vous laisser attendre dehors par ce froid. Si vous voulez, vous pouvez rester dans notre salle de repos, le temps qu’on prévienne votre neveu de votre venue.
– Volontiers, merci !

Il entra donc dans la salle, où plusieurs hommes et femmes en armes profitaient de la chaleur d’une large cheminée. Ils souhaitèrent la bienvenue au visiteur et lui firent une place près du foyer pour qu’il se réchauffe. Pendant qu’il posait son lourd sac et ôtait son grand manteau de fourrure, le portier délégua un jeune page pour aller informer le général de la visite de son « vieil oncle ».
Le jeune homme franchit rapidement la cour du château qui avait été, comme toujours, soigneusement déneigée et sablée dès que la neige avait fini de tomber. Malgré son épaisse cape de laine, il frissonna dans le vent glacé. Il se demanda d’où venait l’oncle du général. D’assez loin, sans doute, puisqu’il ne l’avait encore jamais vu. Voyager en cette saison, il fallait être bien courageux… mais aussi un peu inconscient !
En entrant dans la bienfaisante chaleur du château, le page accrocha machinalement sa cape à une des nombreuses patères qui se succédaient de part et d’autre du couloir. Tous les habitants du Nord savent dès leur plus jeune âge qu’avoir trop chaud à l’intérieur en hiver, c’est risquer d’attraper froid et mal au dehors… Il se renseigna auprès du premier serviteur qu’il rencontra. Par chance, celui-ci savait que le général était à l’entraînement dans la salle d’armes. Cette dernière était située à l’extrémité de l’aile opposée du bâtiment, heureusement accessible sans qu’il faille ressortir.

Le jeune homme pressé, après avoir franchi un certain nombre de couloirs, entendit enfin le bruit si reconnaissable des armes entrechoquées. Il poussa la porte de service, elle-même taillée dans une grande porte d’apparat qui ne servait qu’en des occasions spéciales comme des défilés publics, et se retrouva dans une pièce de taille respectable, la deuxième plus vaste du château après la salle de réception. Une foule de soldats y répétait ses exercices quotidiens. A ce que vit le page, il s’agissait d’un entraînement au maniement de la redoutable hache à deux mains nordique, une spécialité locale à double tranchant qu’il fallait savoir manier avec force et dextérité. Il chercha à identifier le général de Clairétoile, mais ce n’était pas chose facile avec tous ces casques identiques !

 

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Je revais d'un autre monde

Posté par polnastef à 09:58 - - Commentaires [0] - Permalien [#]