29 février 2016

La Petite Fille aux yeux d'or - Chapitre 2 #4

Prologue & table des matières : CLIC

 

Tout à coup, un éclat de voix retentit, faisant aussitôt cesser l’énorme fracas métallique qui envahissait la pièce, pourtant conçue pour limiter la réverbération des sons. Les combattants posèrent le manche de leur lourde hache au sol, mais même si leurs bras devaient en être soulagés, leurs visages restaient tendus. Pour avoir déjà assisté, plus jeune, à quelques entraînements, le page devina de quoi il retournait : c’était le moment de la démonstration du général. Contrairement aux autres, cette nouvelle le réjouit : il n’allait plus avoir de difficulté à le localiser ! Les soldats, eux, attendaient cette épreuve avec une certaine appréhension, se demandant qui leur chef allait choisir comme cobaye pour leur montrer une de ces redoutables bottes dont il avait le secret…

Curieux d’assister à un spectacle qu’il était inimaginable d’interrompre pour tous les « vieux oncles » du monde, le page monta sur une des chaises qui avaient été repoussées contre les murs, le temps de l’entraînement. Il ne fut pas déçu. D'une voix étonnement douce, l'un des hommes en armure, qui n'avait pas une stature particulièrement imposante et que rien ne différenciait des autres a priori, donna l'ordre à quatre grands gaillards de reprendre leur redoutable hache et de venir l'affronter tous ensemble. Deux des soldats ainsi désignés semblaient ne pas en mener large. En revanche, les deux autres paraissaient avoir envie de jouer les gros bras face à leur adversaire, qui avait une apparence presque frêle comparé à eux. Ils fendirent l'air en de menaçants moulinets. Cette provocation laissa de marbre le général de Clairétoile, qui attendait patiemment que le premier assaut soit lancé contre lui. Autour des combattants, la tension devenait presque palpable, plus intense à chaque seconde.

Brusquement, un des deux soldats restés en retrait frappa. Ce coup assez inattendu fit sursauter la plupart des membres de l'assistance, mais le général esquiva d'un petit bond de côté si fluide et rapide que cela déséquilibra l'assaillant. Profitant de l'occasion, il lui donna un coup sec de la hampe de son arme sur l'épaule, lui faisant lâcher sa lourde hache en grimaçant de douleur.

– Et un de moins ! souffla avec admiration un soldat non loin du jeune page, toujours grimpé sur sa chaise. Il ne lui aura pas fallu longtemps, quel guerrier incroyable !
– C’est sûr, c'est bien lui le meilleur ! confirma son voisin sur le même ton.
– Un peu de silence, là derrière ! J'essaye de me concentrer sur le combat !

 

Page suivante : CLIC

 

Je revais d'un autre monde

Posté par polnastef à 08:03 - - Commentaires [0] - Permalien [#]