04 avril 2016

La Petite Fille aux yeux d'or - Chapitre 2 #9

Prologue & table des matières : CLIC

 

Lorsqu'elles revinrent toutes les deux, Rigwald ne put retenir une exclamation admirative.

– Quels yeux incroyables ! Je n'en ai jamais vu de pareils au cours de tous mes voyages ! Ils sont aussi rares et magnifiques que ces bijoux en or anciens, dont l'éclat est délicatement adouci par la patine des âges…
– Je connaissais déjà vos talents d'auteur scientifique, Rigwald, mais je découvre avec plaisir que vous êtes aussi poète à vos heures, le complimenta Elyria.

Les Fées étaient très sensibles au charme des mots. C'était d'ailleurs ce qui avait tout d'abord séduit Elyria chez Loriel, dans les premiers temps de leur rencontre. Elle comprenait maintenant qu'il devait tenir cela de Rigwald, qui s'était chargé de son éducation à la mort de son père.

– Oh, mais j'allais oublier de vous donner les petits cadeaux que je vous ai apportés ! s'écria le Mage. Quel étourdi je fais parfois !
– Il ne fallait pas t'encombrer avec ça pour un si long voyage, protesta Loriel. Ta seule présence est déjà le plus beau des cadeaux !
– Allons, tu vas me faire rougir, si tu continues ! Rassure-toi : je n'ai apporté que de petites choses plutôt légères et peu encombrantes. Honneur aux dames, ma chère Elyria ; j'espère que cela plaira à une jeune mère !

Il tira d'une de ses poches un joli petit écrin de métal ouvragé, comme les orfèvres Nains savent si bien en ciseler. Il l'offrit à Elyria en se fendant d'une profonde révérence théâtrale qui la fit sourire. Avec une exclamation ravie, la Fée en sortit un pendentif d'une extrême délicatesse. Un arbre en filigrane était enserré dans un cercle, et à l'une de ses branches pendait une petite breloque en forme de cœur.

– L'arbre représente le peuple féerique, leur expliqua Rigwald, le cercle symbolise la maternité et le cœur est bien sûr votre enfant, fruit de votre amour mutuel. Le Nain qui l'a forgé m'a d'ailleurs dit qu'il pourrait y ajouter d'autres de ces petits cœurs à l'avenir, ajouta-t-il avec un clin d'œil.
– C'est une attention si touchante, mille mercis, cher ami ! Je porterai ce bijou avec grand plaisir en pensant à vous.
– Tout le plaisir est pour moi, et je suis vraiment ravi qu'il vous plaise ! J'espère que tu apprécieras aussi ce que je t'ai apporté, Loriel.

Il fit mine de chercher dans plusieurs autres de ses poches avec des gestes dignes d'un prestidigitateur. Loriel ne put s'empêcher de rire à cette vieille plaisanterie qu'il y avait entre eux depuis son enfance, où il s'extasiait de voir Rigwald faire surgir mille merveilles de ses poches qui lui paraissaient alors sans fond. D'ailleurs, il se demandait toujours si ce n'était pas réellement le cas. On ne sait jamais, avec la magie !

 

Page suivante : CLIC

 

Je revais d'un autre monde

Posté par polnastef à 09:01 - - Commentaires [0] - Permalien [#]