25 avril 2016

La Petite Fille aux yeux d'or - Chapitre 2 #12

Prologue & table des matières : CLIC

 

Rigwald tira d'une autre de ses poches un joli petit paquet confectionné avec le plus grand soin, qu'il tendit galamment à Elyria. Elle défit délicatement l'entrelacs de rubans qui le maintenait fermé puis, toujours avec délicatesse, elle tira sur une fine cordelette tressée formant une boucle. A l'autre extrémité pendait un fin cercle d'argent d'environ dix centimètres de diamètre, au centre duquel était tissée une sorte de toile d'araignée mêlant des fils de toutes les couleurs et des petites perles d'or dont les facettes reflétaient le moindre rayon de lumière. Intriguée, la Fée examina l'étrange objet avec attention et émerveillement.

– C'est vraiment très joli et minutieusement réalisé, mais j'avoue que je ne sais pas de quoi il s'agit…
– C'est tout à fait normal, car ces petits objets font partie du folklore démonal et ne sont guère connus en dehors des frontières du Royaume du Sud. On appelle cela un « gardien des rêves ». Traditionnellement, les mères Démones en tissent un pour accueillir leur nouveau-né, puis elles l'accrochent sur le berceau. Il est censé filtrer les rêves et empêcher les cauchemars de venir perturber le sommeil des enfants. Comme je vous le disais, cet objet a pour moi une valeur toute particulière. En fait, c'est une réplique exacte de celui que ma regrettée mère avait tissé pour moi, il y a bien des années. Encore aujourd'hui, je le garde précieusement en souvenir d'elle, dans ma maison de la Cité des Mages. Je l'ai fait refaire à l'identique pour votre fille. J'espère que vous ne trouvez pas cela trop ridiculement sentimental !

Il s'essuya furtivement les yeux.

– Pas du tout, au contraire, le rassura Loriel, tout ému lui aussi. Je trouve que c'est un symbole très fort du lien qui nous unit, toi qui m'as pratiquement élevé après la mort de mon père. Je serai heureux que ce « gardien des rêves » veille sur ma fille.
– C'est justement l'heure de sa sieste, renchérit Elyria. Je vous en prie, Rigwald, venez accrocher vous-même votre merveilleux cadeau sur son berceau.

Le Mage bredouilla quelques remerciements, apparemment submergé par l'émotion.

 

[à suivre...]

 

Je revais d'un autre monde

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18 avril 2016

La Petite Fille aux yeux d'or - Chapitre 2 #11

Prologue & table des matières : CLIC

 

Rigwald le lui confirma. Lors d'un récent voyage qui l'avait mené dans les profondeurs d'une forêt assez sauvage, il avait découvert une ruine Ancienne. Il s'était peut-être agi d'une grande exploitation agricole, car le site gardait encore la trace de nombreuses stalles qui avaient dû accueillir des chevaux ou d'autres animaux de grande taille.

Pour établir le compte rendu le plus précis possible de ce remarquable site oublié de tous, Rigwald en avait entrepris une exploration approfondie. Il en avait déduit l'hypothèse que l'endroit n'avait pas été habité depuis la disparition des Anciens. Quelques éléments du mobilier d'origine, très abîmés par le temps mais encore reconnaissables, subsistaient en effet dans pratiquement chaque pièce, comme si les occupants étaient partis en laissant leurs meubles derrière eux.

C'est dans ce qui avait dû être une chambre, sous les débris d'un lit qu'il avait soigneusement inspectés comme le reste, que Rigwald avait trouvé ce fantastique objet, dont le métal particulier avait traversé les siècles sans la moindre tache de rouille alors qu'il n'était pas enchanté. Malheureusement, il y avait fort à parier que l'usage des outils miniatures qu'ils ne parvenaient pas à identifier demeure à jamais un mystère, la technologie des Anciens étant d'une complexité et d'une précision inconcevables pour les peuples qui leur avaient succédé…

– Quoi qu'il en soit, j'ai tout de suite pensé à te l'offrir, Loriel. Je ne connais personne d'autre que toi qui soit aussi féru de culture Ancienne. Je suis sûr que tu en feras un excellent usage et que tu sauras rendre hommage à l'ingéniosité sans limite de ce grand peuple.
– Je ne sais comment te remercier pour cet inestimable présent ! Je te promets de tout mettre en œuvre pour me montrer digne de ta confiance.
– Je n'en attendais pas moins de toi, mon très cher Loriel. Allons ! Il ne me reste plus qu'un cadeau à vous offrir, destiné à votre charmante fillette. Je sais que ce n'est pas habituel d'offrir de cadeau à un enfant trop jeune pour l'apprécier, mais il s'agit de quelque chose de très spécial, qui me tenait particulièrement à cœur.

 

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Je revais d'un autre monde

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11 avril 2016

La Petite Fille aux yeux d'or - Chapitre 2 #10

Prologue & table des matières : CLIC

 

Enfin, le Mage extirpa un étui de cuir un peu plus gros que le poing. Lorsqu'il le prit, Loriel le trouva plus lourd qu'il ne le pensait. Intrigué, il défit la lanière qui le retenait fermé. À l'intérieur, il y avait quelque chose qu'il n'identifia pas. Il sortit entièrement le mystérieux objet, le tourna et le retourna en tous sens, déterminé à résoudre cette énigme.

C'était un objet rectangulaire aux coins légèrement arrondis, qui mesurait environ douze centimètres de long pour trois de large et à peu près autant d'épaisseur. Sa matière extérieure semblait composée de bois aux veines d'une régularité inhabituelle, comme s'il s'agissait en fait d'un matériau inidentifiable auquel on aurait voulu donner l'aspect du bois. Il contenait des sortes de fines tranches de métal argenté sur le dessus et le dessous. Loriel pensa d'abord qu'il pouvait s'agir d'un instrument de musique, mais il écarta aussitôt cette idée. Les lamelles de métal étaient trop larges pour pouvoir vibrer et produire un son.

En examinant de plus près la structure interne de l'objet, il constata que les parties métalliques n'avaient pas toutes la même forme. Il en vit notamment une finement striée, un peu comme une espèce de lime miniature, et une autre tordue en spirale.

Son air perplexe paraissait beaucoup amuser Rigwald. Refusant de s'avouer si vite vaincu, Loriel approcha davantage encore le mystérieux bidule de ses yeux, pour en observer les moindres détails. Il s'aperçut alors que chaque forme de métal était fixée alternativement à l'une des deux extrémités. La plupart présentaient également une sorte d'encoche gravée sur le bord extérieur.

Saisi d'une soudaine inspiration, il glissa un ongle dans l'une de ces rainures et exerça une traction, d'abord légère puis plus soutenue. Tout à coup, une petite paire de ciseaux coulissa et se retrouva en dehors de l'objet, auquel elle resta cependant attachée grâce à cet ingénieux système d'anneaux. Loriel répéta l'opération avec les autres éléments de métal. Il se retrouva bientôt avec trois lames, deux lisses de deux tailles différentes et une longue dentée, et ce qui ressemblait beaucoup à une lime à ongles et à une pince à épiler. En revanche, il ne fut pas capable de déterminer l'utilité de la spirale qui se terminait en pointe, ni de deux lamelles dont l'une s'achevait par une partie plate et l'autre par une forme de croix.

– Quel magnifique objet, même si j'avoue qu'il y a certains de ces outils miniatures dont la fonction m'échappe… Je suppose que le forgeron qui a créé ce chef-d’œuvre t'en a expliqué les secrets. En tout cas, tu pourras lui transmettre toutes mes félicitations pour cet extraordinaire tour de force !

Rigwald eut un petit rire.

– Je crains que ce ne soit pas possible, mon cher Loriel : il n'a rien pu m'expliquer, car il est mort depuis vraiment très, très longtemps !

Loriel le fixa un moment sans comprendre, puis son visage s'éclaira soudain.

– Veux-tu dire que cet objet mystérieux… date des Anciens ?

 

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Je revais d'un autre monde

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09 avril 2016

Lame de fond

La vie s'écoule, paisible, douce, agréable
Même un peu résignée parfois peut-être
Elle suit son lent chemin sans vague
Dans un confortable et reposant bien-être

Brusquement il surgit, tempétueux, imprévu, irrésistible !

De trois mots il bouleverse toutes les inconnues de l'équation
D'un regard il transperce cette trompeuse tranquillité
D'une caresse il fait vaciller des murailles de certitudes
D'un souffle il fait tournoyer des milliers de questions
D'un rire il fait voler en éclats ce que certains appellent normalité
D'un soupir partagé il balaye toute une vie d'habitudes

Le cruel et adorable amour !

 

light_and_darkness

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04 avril 2016

La Petite Fille aux yeux d'or - Chapitre 2 #9

Prologue & table des matières : CLIC

 

Lorsqu'elles revinrent toutes les deux, Rigwald ne put retenir une exclamation admirative.

– Quels yeux incroyables ! Je n'en ai jamais vu de pareils au cours de tous mes voyages ! Ils sont aussi rares et magnifiques que ces bijoux en or anciens, dont l'éclat est délicatement adouci par la patine des âges…
– Je connaissais déjà vos talents d'auteur scientifique, Rigwald, mais je découvre avec plaisir que vous êtes aussi poète à vos heures, le complimenta Elyria.

Les Fées étaient très sensibles au charme des mots. C'était d'ailleurs ce qui avait tout d'abord séduit Elyria chez Loriel, dans les premiers temps de leur rencontre. Elle comprenait maintenant qu'il devait tenir cela de Rigwald, qui s'était chargé de son éducation à la mort de son père.

– Oh, mais j'allais oublier de vous donner les petits cadeaux que je vous ai apportés ! s'écria le Mage. Quel étourdi je fais parfois !
– Il ne fallait pas t'encombrer avec ça pour un si long voyage, protesta Loriel. Ta seule présence est déjà le plus beau des cadeaux !
– Allons, tu vas me faire rougir, si tu continues ! Rassure-toi : je n'ai apporté que de petites choses plutôt légères et peu encombrantes. Honneur aux dames, ma chère Elyria ; j'espère que cela plaira à une jeune mère !

Il tira d'une de ses poches un joli petit écrin de métal ouvragé, comme les orfèvres Nains savent si bien en ciseler. Il l'offrit à Elyria en se fendant d'une profonde révérence théâtrale qui la fit sourire. Avec une exclamation ravie, la Fée en sortit un pendentif d'une extrême délicatesse. Un arbre en filigrane était enserré dans un cercle, et à l'une de ses branches pendait une petite breloque en forme de cœur.

– L'arbre représente le peuple féerique, leur expliqua Rigwald, le cercle symbolise la maternité et le cœur est bien sûr votre enfant, fruit de votre amour mutuel. Le Nain qui l'a forgé m'a d'ailleurs dit qu'il pourrait y ajouter d'autres de ces petits cœurs à l'avenir, ajouta-t-il avec un clin d'œil.
– C'est une attention si touchante, mille mercis, cher ami ! Je porterai ce bijou avec grand plaisir en pensant à vous.
– Tout le plaisir est pour moi, et je suis vraiment ravi qu'il vous plaise ! J'espère que tu apprécieras aussi ce que je t'ai apporté, Loriel.

Il fit mine de chercher dans plusieurs autres de ses poches avec des gestes dignes d'un prestidigitateur. Loriel ne put s'empêcher de rire à cette vieille plaisanterie qu'il y avait entre eux depuis son enfance, où il s'extasiait de voir Rigwald faire surgir mille merveilles de ses poches qui lui paraissaient alors sans fond. D'ailleurs, il se demandait toujours si ce n'était pas réellement le cas. On ne sait jamais, avec la magie !

 

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Je revais d'un autre monde

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